Car même s'il n'a plus ses jambes de 20 ans, même s'il n'est pas le plus talentueux des attaquants européens, Inzaghi a cette science du placement et ce sens du but qui en font un buteur hors-pair, un renard des surfaces à l'efficacité redoutable. Englué dans une marée rouge durant pratiquement toute la rencontre, sevré de ballons, souvent pris au piège du hors-jeu, il a tout de même su transformer une occasion et demie en deux buts à des moments clés de la rencontre ! Le premier, juste avant la pause, résume à merveille le profil de cet attaquant que l'on adore détester. Un coup franc de Pirlo, une présence sur la trajectoire, suffisante pour dévier de l'épaule (ou du bras) la trajectoire du ballon et mettre le Milan AC sur les chemins escarpés du succès.Un appel de balle croisé parfait, à la limite du hors-jeu, un crochet pour se défaire de Reina et une frappe dans la foulée qui passait sous le ventre du dernier rempart anglais. Un but «Inzaghiesque» en quelque sorte, comme il en marqué des dizaines et des dizaines. Le tour était joué et le chasseur de buts pouvait céder sa place à son concurrent Gilardino avec le sentiment du devoir accompli non sans avoir offert aux spectateurs du Stade Olympique une petite simulation digne des plus grands comédiens de la Comedia dell'Arte.